“I am from Algeria\u2026”

Entretien avec Fathi Tabouche

i-am-from-algeria-interviewLe Jour d’Algérie : Pouvez vous nous dire ce qui vous a poussé à faire cette musique ?

Fathi Tabouche : Voilà, j’ai commencé à jouer de la musique latino en compagnie d’un jeune Turc et un Equatorien dans les rues de New York.

Comme vous le savez, sans argent on ne peut pas percer dans le métier c’est pourquoi il a fallu, dans un premier temps, économiser un peu d’argent pour pouvoir réserver un studio.

Est-ce que vous aviez un travail ?

A cette époque je n’avais pas de travail, à part la musique, bien sûr. En fait, ce qui me tenait le plus à coeur c’était de trouver un musicien nigérian parce qu’à chaque fois qu’un Américain me demandait : where are you from ? Je répondais : I am from Algeria, ce dernier comprenait Nigeria. Donc, afin de dissiper ce quiproquo j’ai ramené un musicien nigérian ; là, j’étais en mesure de dire sur scène : he is from Nigeria, I am from Algeria…

Par ailleurs, ce saxophoniste nigérian était le seul qui m’a aidé, même financièrement, nous avions le même but à savoir mettre sur le devant de la scène le continent africain. Cela m’a permis de rencontrer André Loyd qui a été, entre autres, le producteur de la famille Marley. Cette rencontre nous a amené à enregistrer un premier single. Le hasard de la vie a fait qu’un des membres de mon groupe a rencontré un journaliste. En effet, intrigué par son look, ce dernier lui a demandé l’autorisation de le photographier. Profitant de l’occasion, mon ami lui a parlé de notre groupe «Dahka Band». Charmé, le journaliste a décidé de poster la photo et la vidéo de notre groupe sur le net. En une journée, cette vidéo a été vue par plus de quarante mille internautes. Cela a été un sacré coup de pouce pour ma carrière. A partir de là, j’ai pris conscience du pouvoir de la communication.

Parlez-nous davantage de ce single ?

«Hal Denya» est une chanson qui fait partie du patrimoine Gnaoui. Afin de toucher un large public, nous avons procédé à des arrangements différents, selon nos influences. Pour ma part, j’ai choisi les paroles, j’ai même chanté les passages en arabe. Il fallait quelque chose de novateur.

Vous avez fait de la scène ?

Énormément avec ce titre, à N.Y en passant par Washington, Los Angeles, Indiana, Chicago… et bien d’autres Etats.

En tant que batteur, avez vous joué avec d’autres groupes ?

Oui, c’est un passage obligé pour vivre.

Dans ce cas, pouvez-vous nous citer quelques-uns ?

Par exemple, avec celui qui a crée le hip-hop «Africain Banban» Jasey Jay. J’ai pu lui faire découvrir les chansons de Chikha Rimiti qu’il a fort appréciées, c’est grâce à moi que ses chansons ont été jouées dans des clubs américains, remixées par J.Jay, aussi avec LMFAO et French Montana.

Et les artistes algériens ?

Effectivement, j’ai joué avec Khaled, Mami, Baaziz, Hakim Salhi, Hamid Baroudi, sans oublier Safi Boutella qui a été le premier à m’avoir donné ma chance.

Pouvons-nous vous qualifier d’ambassadeur pour l’Algérie ?

Je l’espère de tout mon coeur. Si je pouvais rendre un peu de ce que l’Algérie m’a donné, je serais un homme comblé.

Comment peut-on vous qualifier ? Un chanteur engagé…

Non… J’estime que ma musique est universelle. Pour preuve, j’ai joué avec beaucoup de musiciens de différentes nationalités.

Après une absence de cinq ans, que pensez-vous de la nouvelle scène algérienne ?

«Hala». J’ai été agréablement surpris par tous ces nouveaux groupes qui font de la très bonne musique, différente de celle qui se faisait dans le temps, notamment, le groupe Babylone et sa chanson «Zina». D’ailleurs, je profite de ce temps de parole pour lancer un message aux autorités : laissez-les s’exprimer librement, qu’ils découvrent d’autres horizons et surtout aidez-les afin que leurs rêves deviennent réalité.

Je vous laisse le soin de conclure… J’aimerai m’adresser à la jeunesse : aimez l’Algérie, aimez l’Algérie.

Propos recueillis par Meriem Benchaouia

 

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