Un talent d’Algérie arboré aux Etats-Unis

Il y a toujours quelque fierté, sans chauvinisme aucun, à voir un Algérien réussir ailleurs. Cette fierté fait d’autant bomber le torse que cet ailleurs n’est wrien moins que les Etats-Unis.

Par Nadjib Stambouli

lejour-01-06-2014


Cet Algérien, originaire de Guelma, aura, à défaut de collectionner les grands succès, du moins réussi à percer dans un domaine où il est difficile, voire quasi impossible pour un étranger de se frayer une place au soleil, le secteur des arts en général et celui de la musique et de la chanson en particulier. Ce beau jeune homme est Fathi Tabouche, la trentaine, et en lui dès le premier abord on ressent une dualité faite d’un attachement viscéral à son Algérie, mère patrie au sens le moins galvaudé du terme, d’une part, et de l’autre, une admiration sans bornes au pays d’accueil, les Etats-Unis. Le plus remarquable en cet artiste attachant, modeste et abordable, est justement cette osmose entre sa culture d’origine et celle du pays d’accueil, passage qu’il a non seulement franchi avec succès, mais qu’il s’évertue à communiquer à ses compatriotes, en mettant en exergue les facilités à percer là où le blocage est notion non grata, hormis le sésame sacré qu’est la notion de talent.

Instrumentiste avéré, percussionniste confirmé, ce qui lui vaut d’être appelé par les plus grands, notamment par Khaled, Mami et Boutella entre autres, il brandit avec une légitime fierté la prouesse d’avoir introduit aux Etats-Unis cheikha Remitti, tout en citant la proximité de production ou de programmation avec des noms aussi prestigieux que Stevie Wonder ou Lady Gaga. Sans jamais verser dans la tentation du «vernissage », mue par la prétention, sous le sceau de l’adage «a beau mentir qui vient de loin», Fathi Tabouche est néanmoins plus que satisfait du trajet déjà parcouru par son fruit artistique, le groupe «Dahka band», ensemble cosmopolite formé aux Etat-Unis, déclinant de la «World music» et de fait érigé comme véritable ambassadeur (même si Fathi se défend de ce titre) de la musique algérienne. Ce groupe se produit un peu partout en Amérique et, à moins d’être réfractaire à l’idée même de l’attachement à l’algérianité, on ne peut qu’arborer avec fierté cette réussite arrachée de haute lutte, faite de sacrifices, d’abnégation, de conviction, mais surtout du socle de toute réussite artistique, le talent de Fathi Tabouche. Ce dernier, toujours animé par sa pulsion de générosité artistique, se dit très heureux et optimiste quant à l’avenir des groupes musicaux de jeunes Algériens, pour peu qu’on évite le réflexe de mise de bâton dans les roues. En cela, Fathi Tabouche (et son groupe Dahka Band, se produisant aux Etas-Unis), mérite d’être élevé au fronton de la jeunesse algérienne qui réussit, et au haut de l’affiche de l’Algérie qui gagne…

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